Et si le positif que vous cherchez à créer réveillait justement vos ombres ?
Pourquoi, lorsque je décide, avec toute ma bienveillance, de créer du positif dans ma vie — par mes actions, mes pensées ou mes affirmations positives — rien ne se passe comme je le souhaite ?
Et parfois même, j’ai l’impression que plus je cherche à attirer le positif, plus le négatif se manifeste !
Alors, que se passe-t-il réellement ?
La loi de polarité : quand le positif réveille son contraire
Il existe des lois universelles, comme celle de la polarité, qui nous rappellent que chaque chose existe avec son contraire : lumière et ombre, chaud et froid, joie et tristesse, expansion et contraction…
Et à l’intérieur de nous aussi, nous pouvons être traversés par cette dualité. Alors, si j’appelle davantage de « positif » dans ma vie et que, soudainement, mes peurs, mes doutes ou mes émotions inconfortables se réveillent… et si ce n’était pas un échec ? Et si quelque chose cherchait simplement à être vu ?
Ces manifestations peuvent venir réveiller de vieilles croyances, des peurs, des blessures ou des schémas inconscients. Non pas pour nous mettre à mal. Mais peut-être pour nous permettre de les voir enfin, de les explorer et progressivement de nous en libérer.
Comme un élastique…
J’aime imaginer les polarités comme un élastique. Chaque extrémité se trouve une énergie : d’un côté ce que je veux attirer, de l’autre ce que je cherche à éviter. Sans même nous en rendre compte, nous pouvons tirer toujours plus fort sur l’élastique…
Jusqu’au moment où l’autre extrémité nous revient en pleine figure !
Et là, c’est le chaos.
Notre mental s’emballe. Les émotions remontent. Le corps se contracte. De vieux souvenirs ou de mauvaises sensations peuvent refaire surface. Et notre premier réflexe est souvent de vouloir nous en débarrasser immédiatement.
« Je ne veux plus ressentir ça. »
« Il faut que ça s’arrête. »
« Je dois rester positive. »
Pourtant, lutter contre ce qui est déjà là peut parfois renforcer la tension. Plus je résiste, plus je contracte. Et cette contraction peut être physique, émotionnelle ou mentale.
Et si l’ombre avait simplement besoin d’être accueillie ?
Ces parts de nous que nous qualifions parfois d’« ombres » ne sont pas forcément là pour nous empêcher d’avancer.
Elles peuvent être là pour être vues, entendues, accueillies et reconnues.
Bien sûr, certaines situations peuvent être particulièrement difficiles à traverser seul. Lorsque les émotions deviennent trop intenses ou qu’elles font ressurgir des expériences douloureuses, se faire accompagner par un professionnel peut être une véritable ressource. Mais lorsque nous pouvons rester présents à ce qui se passe en nous, quelque chose commence à changer. Et cela ne signifie pas que tout devient immédiatement calme ! Car notre mental, lui, aime ce qu’il connaît déjà.
Il peut alors nous répéter en boucle :
« Non, ne fais pas ça ! »
« Ne va pas là ! »
« Tu sais déjà comment ça va finir… »
Son rôle est notamment de nous protéger à partir de ce qu’il connaît et de ce qu’il a déjà vécu.
Mais justement…Et si notre mieux-être commençait lorsque nous arrêtions de laisser nos anciennes expériences décider systématiquement de nos prochaines expériences ?
Remettre de la conscience dans notre quotidien
Nous fonctionnons en grande partie avec des automatismes, des habitudes et des mécanismes inconscients. C’est pourquoi revenir à soi et prendre conscience de ce qui se joue en nous peut devenir un véritable chemin de transformation.
Observer ce que je ressens.
Écouter ce qui se passe dans mon corps.
Identifier mes pensées.
Reconnaître mes peurs.
Et surtout, ne plus chercher immédiatement à les faire taire.
Mettre davantage de conscience dans notre quotidien, c’est aussi apprendre à accueillir la vie telle qu’elle se présente, avec ses mouvements, ses inconforts, ses surprises et ses opportunités.
Alors, comment traverser ces moments autrement ?
Voici une pratique simple que vous pouvez expérimenter lorsque vous sentez que tout s’agite à l’intérieur.
1. Je m’ancre
Je reviens dans mon corps et dans mes sensations.
Une promenade dans la nature, le contact avec un arbre ou une plante, quelques minutes pieds nus sur le sol, ou simplement une visualisation de mes pieds profondément reliés à la terre…
L’objectif : revenir ici et maintenant.
2. J'accueille ce qui est là
Je n'essaie pas immédiatement de changer mon état.
J’accueille la situation telle qu’elle est, même si mes émotions sont instables, même si mes peurs sont présentes.
Je n’ai pas besoin d’aimer ce que je ressens pour accepter que c’est ce que je ressens aujourd’hui.
3. Je respire
Je prends le temps de respirer profondément.
Encore et encore.
Aussi longtemps que nécessaire pour laisser progressivement mon système se calmer et retrouver un peu d’espace intérieur.
4. J’écoute ma première intuition
Lorsque l’apaisement revient, je laisse émerger la première information qui vient.
Une sensation.
Une idée.
Un mot.
Une envie.
Une intuition.
Sans chercher immédiatement à l’analyser.
J’écoute ce qui vient avant que mon mental ne commence à tout commenter.
5. Je mets des mots sur ce que je traverse
Je peux me parler à voix haute, comme si je m’adressais directement à moi-même.
Je peux également écrire dans mon journal :
- Ce que je ressens.
- Ce qui me fait peur.
- Ce qui me met en colère.
- Ce qui me rend triste.
- Ce qui remonte.
- Ce qui me perturbe.
- Ce que mon corps me fait ressentir.
Écrire permet de déposer ce qui se passe à l’intérieur et, avec le temps et le recul, de mieux comprendre mes mécanismes.
Je ne cherche pas à faire disparaître mon émotion.
Je lui laisse simplement la place de me traverser.
6. Je pose une action juste pour moi
À partir de ce qui est remonté, je choisis une petite action. Pas forcément la plus spectaculaire. Pas forcément celle que mon mental considère comme parfaite. Mais celle qui me semble juste pour moi, ici et maintenant.
Et surtout…Je me félicite d’être allé(e) au bout de cette action.
Parce que chaque fois que je m’écoute, que je me respecte et que j’agis depuis cet espace intérieur, je crée une nouvelle expérience.
Et c’est peut-être ainsi que le véritable changement commence.
Le positif ne consiste pas à supprimer le négatif
Et si créer du positif dans sa vie ne signifiait finalement pas repousser tout ce que nous considérons comme négatif ?
Et si cela consistait plutôt à apprendre à regarder ce qui se présente, à l’écouter, à comprendre ce qu’il vient nous montrer… puis à choisir consciemment ce que nous voulons en faire ?
La lumière n’a pas besoin de combattre l’ombre pour exister. Parfois, elle a simplement besoin de l’éclairer.
Et si, au lieu de vous demander :
« Comment attirer davantage de positif dans ma vie ? »
vous commenciez par vous demander :
« Qu’est-ce que ce qui se présente aujourd’hui cherche à me montrer sur moi ? »
C’est peut-être là que commence le véritable retour à soi.
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